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Une synergie des sociétés pour booster la compétitivité du port de Pointe Noire – Vox Congo

Les panelistes à la 4e forum Vox Eco ont cerné les contours liés à la compétitivité du Port autonome de Pointe-Noire, avec un impact significatif sur le Chemin de fer Congo Océan (CFCO), les société Africa global logistics (AG) etMercure logistics Congo, dont les activités sont tributaires de la performance de cette infrastructure portuaire.

Intervenant dans le panel axé sur la thématique « Les leviers de la performance logistique », le Directeur général par intérim du CFCO, Jésus Providence Niazaire a fait savoir que le CFCO est confronté à sérieux problèmes logistiques. Sur 34 unités de tractions, il ne reste que 9. Face à ces difficultés, un plan de sortie de crise a acté en conseil d’administration, visant à améliorer la qualité de service de cette structure paraétatique qui, demeure un régulateur de la population.

Près de 92 ansd’existence, le diagnostic établit relève que de problèmes de fonctionnement criard du CFCO. De ce fait un plan de relance institutionnel a été mise en place pour permettre à cette société d’optimiser ses rendements. Le CFCO est appelé à s’investir pour booster ses services. La chaine de transport logistique est appelée à renforcer ses actions dans ce sens.

C’est dans cet élan que le directoire du CFCO a défini trois axes stratégiques pour sortir le rail de « son état comateux », et lui redonner sa vocation : transporter personnes et marchandises entre Brazzaville et Pointe-Noire. Un chantier de redressement qui passe par le service au client, la fiabilité des équipements et la santé financière. Il faut combler les retards à répétition pour attirer la clientèle qui a déserté, mettre l’accent sur le confort, changer les équipements vétustes. Pour reconquérir les usagers, le CFCO mise sur la régularité et la ponctualité, pour restaurer la confiance auprès des voyageurs comme les opérateurs économiques, car la régularité est la base de la confiance.

Le deuxième axé, attrait à la sécurisation des outils de production signifie maintenance préventive, renouvellement du matériel roulant et sécurisation de la voie ferrée. L’enjeu est double : garantir la sécurité des passagers et du fret, et réduire les interruptions de trafic qui paralysent l’exploitation. Sans rails sûrs et sans moteurs qui tournent, aucun plan de relance n’est crédible.

Pour le Directeur adjoint du CFCO, Jésus Providence Niazaire « nous avons pris en compte le plan de sortie de crise qui avait été mis en place par la précédente équipe, que personnellement, je salue, et nous sommes en train de le traduire dans les faits, tant au niveau de l’organisation de la préparation de nos matériels, notamment au niveau de la direction matériel et traction, tant au niveau de la direction voies et bâtiments, donc l’infrastructure, parce qu’il est essentiel de rappeler que le CFCO connaît de grosses fragilités au niveau de son infrastructure. Entre Mont – bélo et Brazzaville, vous retrouvez encore le rail de 1934, date à laquelle a été lancé le chemin de fer Congo-Océan. Sans cela qu’il est important de saluer l’initiative du chef de l’Etat d’avoir pris la décision de mettre au cœur de son projet le chemin de fer, d’avoir pris la décision de booster la relation port-CFCO. Et en boostant la relation de ces deux moteurs de la chaîne de transport, on booste tous les secteurs, même les auxiliaires de transport ».

Le troisième axe est lié à l’optimisation des flux de recettes, l’objectif est de rendre la compagnie moins dépendante des subventions de l’État et de réinjecter chaque franc gagné dans la maintenance et l’amélioration du service.

Le Congo n’est même plus un pays de transit, mais est un pays à équations logistiques. Où on a le choix. La condition, c’est qu’on doit être professionnels dans tous les cœurs du métier. La chaîne logistique du Congo, doit adopter en « politique ratel », c’est-à-dire la rationalisation, l’amélioration, le transport. L’équation logistique, ici, ce n’est pas tant l’équation mathématique, mais l’équation logistique, aujourd’hui, au Congo, l’importateur a le choix entre la route, le chemin de fer, et s’il a un peu plus de moyens, l’aérien.

De son côté, le président directeur général de la Société Mercure logistics Congo(MLC), Nasser Trad , a mis l’accent sur les activités de sa structure, au corridor de la Centrafrique, où elle s’emploie par voie fluviale, autrefois par l’entremise de Socatraf, devenue MLC, ou par la voie terrestre, de laquelle elle a fait des expéditions.

Aujourd’hui, ce corridor, il a assez de mesures qui accompagnent pour le permettre de bien développer. Il y a des mesures douanières qu’ils ont mis en place avec les armateurs pour un douane simplifié qui s’appelle BL Direct. Un avantage pour ce corridor.

Deuxième point, c’est des facilitations portières avec certains arrêtés, qui date depuis les années 90, mais qui est en cours d’être actualisé. Pour avoir une réduction de 25% sur tous les coûts portières.

La voie terrestre aujourd’hui, c’est une voie opérationnelle sécurisée. On a fait, en mois de décembre, un record important sur ce corridor. « Nous avons même publié ces performances sur notre site, à travers des containers de 8 Pointe, Brazzaville et Bangui par la route en six jours exactement. C’était un défi. C’est un numéro important qui montre déjà que nous avons un corridor compétitif. Et il faut seulement que nous travaillons un peu plus les acteurs publics et privéspour attirer plus de volume pour le corridor 13 ».

Pour rendre le corridor plus performant, il préconisé trois piliers à savoir,le premier pilier, c’est la digitalisation des procédures et un budget unique régional. Le deuxième pilier, c’est la modernisation du CFCO qui reste la colonne vertébrale du développement du corridor. Ainsi, la fiabilité du transport terrestre et du transport privé. Le troisième pilier, c’est la synergie entre les acteurs publics et privés.

« Nous avons, nous Mercure logistics Congo, à travers le Congo, aussi dans les mêmes idées, comment rendre le port plus compétitif, à adresser une lettre ou même une feuille de route pour résoudre ces problèmes et rendre le corridor plus compétitif en mettant en place une commission composée des acteurs clés de ces secteurs qui travaillent dans ces corridors. Bien sûr, il faut que cette commission ait un pouvoir transversal pour lui permettre de prendre des décisions importantes pour le développement de ce corridor ».

Le Directeur régional de la société Congo Africa Global logistics AGL Christophe Pugalte , a quant lui expliqué qu’à travers sa filiale CongoTerminal, cette société se prépare à changer d’échelle. En partenariat avec China Road and Bridge Corporation CRBC, l’opérateur vise à positionner le Port autonome de Pointe-Noire comme hub maritime de référence en Afrique centrale avec la mise en service d’une nouvelle plateforme prévue début 2027. Un projet structurant pour le commerce régional et pour l’industrie pétrolière et gazière congolaise.

Le chantier est d’ampleur. Avec un investissement de 400 millions d’euros, la nouvelle plateforme comprend :750 mètres de quais profonds, dragués jusqu’à 17 mètres de profondeur,26 hectares de terre-pleins,16 portiques et équipements électriques de dernière génération.Une campagne de dragage pour élargir le chenal d’accès à 300 mètres. L’objectif est de permettre au port d’accueillir des porte-conteneurs de très grande capacité. La capacité du terminal passera ainsi de 1 million de conteneurs par an à plus de 2,3 millions de conteneurs par an.

Cette extension intervient alors que la République du Congo vise à porter sa production pétrolière à 500 000 barils/jour et sa capacité de GNL à plus de 3 millions de tonnes/an d’ici 5 ans.

Pour la Chambre Africaine de l’Énergie AEC, porte-parole du secteur, « l’ajout d’une nouvelle plateforme portuaire catalysera le commerce dans toute la région, tout en affirmant la position de la ROC en tant que grand exportateur mondial d’hydrocarbures».

Au-delà du commerce, le projet a un impact social direct : jusqu’à *900 nouveaux emplois* seront créés pour la main-d’œuvre locale.

En parallèle des travaux, Africa Global Logistics se distingue sur le volet HSE. Sur le site d’un client du secteur énergétique à Pointe-Noire, AGL a atteint un score de 100% dans la mise en œuvre du Pacte Sécurité & Environnement

Il s’agit d’un Indice de Performance Sécurité IPSE record. Ce programme, piloté par le client, vise l’objectif zéro accident en évaluant les comportements et bonnes pratiques HSE du personnel et des sous-traitants. Les résultats alimentent l’IPSE et déclenchent un système de bonus/malus basé sur les compteurs Sécurité & Environnement.

Pour AGL, ce score récompense « l’implication active du management et des opérateurs » et confirme son engagement sur les opérations onshore.

Avec cette double dynamique extension des infrastructures et excellence opérationnelle le Port de Pointe-Noire se dote des moyens de ses ambitions. Entre la montée en puissance des exportations d’hydrocarbures et la volonté de capter le trafic de transit d’Afrique centrale, la nouvelle plateforme de Congo Terminal pourrait bien faire basculer le port dans une nouvelle dimension.

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